Du Messianisme au Paulinisme Chrétien

L’apôtre Paul  a présenté Jésus- Christ  comme le message lui-même, à la place de l’enseignement messianique que ce dernier voulait transmettre,  On a proclamé  de ce fait que Jésus  était venu et qu’il est mort pour effacer les péchés du monde. Au milieu du IIIè siècle, une nouvelle religion s’est constituée sur la base de ces conceptions théologiques cohérentes, entièrement séparée de toutes les tendances du judaïsme.

L’EGLISE INSTITUTIONNALISÉE

Comme nous l’avions dit dans notre article précédent, en 391, Theodos déclare le culte païen illégal et balaie les traditions remontant à la fondation de Rome, 1200 ans auparavant. C’est un grand tournant dans l’histoire romaine et antique dans son ensemble. Le Dieu chrétien vient alors remplacer les divinités païennes romaines, regelant le paganisme dans le passé. Les temples sont fermés et transformés en églises ou détruits. Les jeux olympiques disparaissent, les sacrifices et symboles païens sont interdis, ainsi que la lecture des textes païens qui devient illégale. Quand aux oracles et prophéties, ils sont réduits au silence. Tout est modifié et mis en œuvre progressivement pour faire un glissement naturel de l’église vers l’Etat. afin de ne pas frustrer tout ceux qui ont grandi dans le paganisme.

De nouveaux dogmes sont instaurés : Les évêques décident de célébrer la naissance du Christ au moment d’une grande fête romaine. Ce qui correspond aujourd’hui à Noël. La vierge Marie vient remplacer la déesse Artémis à Ephèse, où un temple a été dédié à cette divinité. Ainsi le culte de la vierge Marie vient remplacer celui de la déesse Artémis. Ainsi, les évêques chrétiens de l’empire romain ont adapté et réinventé le folklore romain et les origines païennes de ses cérémonies rituels et autres divinités. La pratique religieuse se limite désormais en un seul Dieu et une seule croyance, celle de Jésus christ. Mais quel est le message de cette nouvelle église crée et institutionnalisée ?

LE MESSAGE DE JESUS TRANSFORME

A la place de l’enseignement qu’il voulait transmettre, Jésus à été présenté comme le message lui-même, On a proclamé que le Christ était venu et qu’il était mort pour effacer les péchés du monde. Au milieu du IIIè siècle, une nouvelle religion s’est constitué sur la base de ces conceptions théologiques cohérentes, entièrement séparée de toutes les tendances du judaïsme.

Le christianisme, confession la plus répandue à travers la planète, a profondément modelé la civilisation occidentale durant deux mille ans, dans toutes ses formes ; cependant, c’est le message de Jésus et aussi sa personnalité qui sont au cœur de l’attraction exercée sur des millions d’êtres humains.

Comme le dit  l’archéologue américain James Tabor : « Il est vraiment regrettable que nous ayons perdu tant de ce qui a été l’aventure originelle du mouvement initié par Jésus, et de ce qu’a été l’homme lui-même, en son lieu et en son temps : UN MESSIE JUIF DU Ier SIECLE REVENDIQUANT LE TRONE DE DAVID ET INITIANT UN COURANT DESTINE A CHANGER LE MONDE. 1

Voyons comment le message de Jésus de Nazareth appelé le CHRIST a été modifié et par qui.

SAUL DE TARSE, ALIAS PAUL, APOTRE DES PAIENS

Selon les écrits historiques, Saul de Tarse, plus connu sous le prénom de Paul est encore relativement jeune à la mort de Jésus. En l’an 35, les Actes des Apôtres utilisent le terme grec de « neaneas » qui désigne un homme de moins de quarante ans.

Tout comme le roi Saül, Paul appartenait à la tribu de Levi, 3è fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham. Paul signifie « Petit » en latin, Paulus. Selon l’Evangile de Luc, Paul est né à Tarse, une ville de la province romaine de Cilicie, en Asie Mineure (Actes 22) . Bien que juifs d’origine, ses parents ont obtenu la citoyenneté romaine, laquelle lui a été transmise à la naissance. Mais Jérôme, un auteur chrétien du IVè, retrace dans son livre De Virus Illustribus les origines de Paul, en apportant une précision importante. Selon ses écrits, les parents de Paul venaient de Guichala, une ville juive galiléenne située à une quarantaine de kilomètres au nord de Sepphoris, ville où les parents de Jésus vivaient. Et c’est là que Paul est né.

Suite à la révolte populaire au lendemain de la mort d’Hérode le Grand en l’an 4 avant Jésus-Christ, toute la famille de Paul aurait été déportée en Cilicie, dans le cadre d’une vaste « purge » de la Galilée décimée par les Romains. Jérome2 devait avoir des preuves fiables pour contredire ce que disent les Actes des Apôtres, écrits par Luc des années plus tard. Si Jérôme a raison, et que Paul est né en l’an 4 avant J.C., alors Paul aurait eu à peu près le même âge que Jésus. Par conséquent, les familles des deux hommes ont été affectées pareillement par les troubles politiques qu’a connu la Galilée à ce moment là : Marie et Joseph quittant Nazareth ou ayant été forcés à l’exil avec le reste de la population juive de Sepphoris, Paul et ses parents envoyés eux aussi loin de la Palestine.

Les racines galiléennes de Paul pourraient expliquer ses motivations ultérieures : marqués par les conséquences dévastatrices du soulèvement contre le pouvoir romain en Galilée, sa famille et lui-même peuvent avoir opté pour une attitude nettement plus conciliatrice devant les réalités politiques et sociales du monde romain.

Quand il s’adressa plus tard aux chrétiens de Rome vers 56 de notre ère, sous le règne de Néron, Paul leur recommandera de payer leurs impôts et de respecter les magistrats romains, car ce sont, dit-il, des « ministres de Dieu ». (Romains 13:6). Nous sommes à ce moment là très loin du message révolutionnaire originel de Jésus, car dans l’esprit de Paul, le royaume de Dieu relève de la sphère spirituel, son avènement se produira dans le ciel et non sur terre.

Tout en acceptant l’éventualité d’un jugement dernier de type apocalyptique, Paul encourage ses interlocuteurs à se plier aux règles de la société, à faire preuve de patience et de discipline jusqu’à ce que Jésus se manifeste en venant sur les nuées célestes.

Les parents de Paul ont pu obtenir la citoyenneté romaine, soit en échange de bons et loyaux services rendu à l’Empire romain, soit parce qu’ils avaient atteint un statut social élevé en Cilicie. Luc nous dit que Paul était « faiseur de tentes » (actes 18:3), métier qu’il a sans doute appris de son père. Le mot grec utilisé pour ce métier s’applique à ceux qui travaillaient le cuir, et plus particulièrement dans ce cas, aux artisans qui tissaient des poils de chèvre dans la ville de Cilicie. Ils produisaient des bâches de tentes solides et des vêtements que les soldats et marins appréciaient pour leur résistance aux intempéries. Luc nous précise également que le père de Paul était un pharisien (Acte 23:6).

Donc, la famille de Paul avait les moyens, les relations et la détermination nécessaires pour envoyer le jeune Paul étudier à Jérusalem sous la direction de Gamaliel, le rabbin pharisien le plus réputé de son époque. Là, Paul est reçu dans la famille du grand prêtre Ananas et se joint aux efforts de l’établissement religieux pour réduire au silence, voire faire arrêter tous les partisans de Jésus après sa crucifixion.

Il évoque lui-même l’un de ses parents, du nom de Hérodion, qui vivait à Rome, (Romain 16:11) ; ce qui pourrait expliquer des contacts avec la famille d’Hérode, alors très influente dans la capitale de l’Empire. Il est également connu que la sœur de Paul vivait à Jérusalem et que ses proches paraissaient entretenir de bonnes relations avec les autorités romaine en Palestine (Actes 23:16). Si bien que plus tard, menacé d’un procès, Paul sera capable de demander l’intervention de l’empereur Néron. Même en état d’arrestation, il semble avoir disposé de protections importantes grâce à sa citoyenneté romaine (actes 23-24 ; 25/11). A Rome, quand il sera « assigné à résidence », il gardera des contacts dans l’entourage de Néron, mais aussi parmi la puissante garde prétorienne qui finira par forcer l’empereur au suicide (Philippiens 1:13 ; 4 : 14-18). Paul mentionne à ce sujet les bienfaits d’un certain Epaphrodite à son égard, celui ci pourrait être le secrétaire de Néron et de Domitien.

LA VISION DE PAUL

Autour de l’an 36, Paul dit avoir eu une vision de Jésus ressuscité, et à la fois une révélation et une mission : il comprend que Jésus est le « Christ monté au ciel et que lui, Paul, doit désormais aller porter la bonne parole parmi les non-juifs. Il commence à se présenter tout simplement comme le ‘treizième apôtre », spécialement responsable de la conversion des gentils. De même que le conseil des Douze avait été chargé de préparer Israël à la « seconde venue »  de Christ, Paul pense avoir autorité sur l’ensemble du monde non juif.

Nous trouvons alors de ce fait deux « christianismes » radicalement différents inscrits dans le Nouveau Testament. Le premier, essentiellement prôné par Paul, est devenu désormais la foi pratiquée par des milliards d’êtres humains sur la terre. Le second, presque complètement oublié, a commencé à être marginalisé et étouffé par ce premier christianisme dès la fin du Ier siècle, au point qu’il faut une lecture très attentive des Évangiles pour en retrouver la trace.

Jacques était la figure de proue de ce second évangile. Frère de Jésus, c’est lui qui a conduit le nouveau mouvement religieux laissé par Jésus, entre l’année 30 de notre ère et l’an 62, date à laquelle il a été brutalement assassiné. Ces deux versions du christianisme diffèrent aussi bien dans les valeurs défendues que dans la pratique religieuse. Les fondateurs du premier évangile, Jean-Baptiste et Jésus de Nazareth, avec plus tard ses frères comme successeurs pour maintenir le mieux la pensée originelle et les enseignements de Jésus, sont le fondement même de l’évangile messianique : Evangile qui prône la venue du Royaume de Dieu sur terre, avec plus de justice et d’amour.

Il ne fait guère de doute que Paul a été accepté parmi le cercle restreint des tout premiers disciples de Jésus après la mort de celui-ci (Actes 24:5). En Galates 2:9, Paul confirme que Jacques, Pierre et Jean sont les colonnes, les trois « piliers » de la nouvelle foi laissée par Jésus, et que ceux-ci l’ont chargé d’aller prêcher aux « paiens », au monde romain en son entier. Le problème n’est pas le fait qu’il ait reçu cette mission, mais plutôt la manière dont il s’est mis à accomplir cette mission.

DE L’EVANGILE MESSIANIQUE A L’EVANGILE PAULINIEN

Paul était juif, il a étudier à Jérusalem et est même devenu plus instruit dans le judaïsme que beaucoup de ses contemporains, animé d’un zèle excessif pour les traditions de ses pères comme il le dira lui-même (Galates 1:14). N’ayant pas connu Jésus personnellement, Paul n’a qu’une vision spirituelle de l’homme qui s’est révélé à lui. Dans plusieurs de ses épîtres, il dit en Galates 1:15-16). il dit avoir entendu une « Voix » qu’il a comprise comme étant celle de Jésus, et reçu l’autorité de ce dernier qui lui parlé du ciel, et qu’il n’a besoin d’aucune approbation humaine.

Paul continue pour dire « que nous ne connaissons plus personne selon la chair ; et si nous avons connu le Christ selon la chair maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière »(2 Corinthiens 5:16). Dans sa lettre aux Colossiens, il présente Jésus comme un être divin, « l’image invisible de Dieu, le premier-né de la création ». dans Philippiens 2:6 il dit que Jésus est « en forme de Dieu », « égale à Dieu ». Avant même d’exister dit-il, Jésus était vénéré par des myriades d’anges dans les cieux ; il a ensuite « pris une forme de serviteur » pour venir dans le monde en tant que simple humain en vue de s’humilier lui-même (philippien 2:7).

Paul dit encore que le but de Jésus était de vivre dans la pureté et de mourir ensuite pour les péchés de l’humanité. (2 Corinthiens 5:21). Livré pour nos péchés, il a permis notre justification, réconciliant ainsi par sa mort Dieu et l’humanité, païens et juifs confondus. Ressuscité des morts, Jésus, selon Paul, sauvent tout ceux qui acceptent le sacrifice du sang de Jésus par la foi, ils sont pardonnés de leurs péchés et ils reçoivent le « don » de la vie éternelle, simplement par leur foi, et non par leurs œuvres ou la mise en pratique des commandements bibliques. Il aborde encore d’autres thèmes comme la résurrection des morts, le baptême, etc. En somme, tout ce qui fait le fondement de la doctrine chrétienne actuelle.

Ce qu’il faut savoir, c’est que Paul a accepté d’œuvrer au sein d’un système qu’il reprouvait pour le transformer de l’intérieur. Qu ‘il ait accepté l’aval de Jacques au concile de Jérusalem en l’an 50 montre qu’il avait décidé de taire ses désaccords pour un temps. Mais peu après ce concile, son épître au Galates permet de mesurer la distance qu’il a déjà prise avec le mouvement nazaréen. Plus tard il dira qu’il ne tient son autorité que de Jésus et de Dieu et non des hommes. Toute son introduction dans sa lettre aux Galates montre qu’il ne se sent tenu par aucune décision des dirigeants de l’Église de Jérusalem, qui représentait pourtant le socle même de l’enseignement laissé par Jésus. Ce dédain paulinien pour les Douze influencera profondément la pensée chrétienne, qui traitera les apôtres comme des Juifs de leur temps, pleins de messianisme temporel, etc.

 

INSTAURATION DE LA DOCTRINE CHRETIENNE PAULINISTE 

La version de l’Évangile de Paul a donc été peu à peu reprise par les chrétiens à travers tout l’Empire romain et il est certain que le rôle de Paul a été très considérable. Le message des Douze a commencé a perdre de sa force après l’an 70, une fois les dirigeants de l’Église de Jérusalem supprimés ou dispersés par les Romains et les hérodiens. Moins d’un demi siècle plus tard, les tenants du mouvement chrétien les plus expérimentés sur le plan tactique, avaient entrepris de bâtir un système théologique solide sur les présupposés de Paul.

On peut dire que le succès de Paul a été littéraire, en grande partie. Ce sont ses lettres, et l’influence qu’il a exercé sur la rédaction de sections importantes de l’Évangile, qui ont fini par modeler ce que les générations à venir allaient considérer comme le christianisme authentique. Dans les épîtres, nous n’avons que des courtes missives de Jacques, Pierre, Jean et Jude, les disciples directes de Jésus. Même les deux missives attribuées à Pierre dans le Nouveau Testament rappellent profondément le style et la pensée de Paul, si bien que de nombreux historiens estiment qu’elles ont été modifiées, voire entièrement fabriquées par ses sympathisants.

Des Juifs orthodoxes soutiennent que Sepho, descendant d’Amalek, a quitté la terre d’Israel pour aller  en Europe. Il  a posé son drapeau dans une ville appelée à cette époque « Pauline », qui est la Pologne actuelle. C’est de là-bas que Satan s’est déguisé pour s’installer sur la terre et opérer ses oeuvres de destruction humaine.

Dans la kabbale on appelle aussi  Satan « ploni « qui veut dire « quelqu’un », « monsieur », dans le langage hébraïque. « Ploni », c’est la guématrie de Sepho qui a établi son ordre sur toute l’Europe et s’est étendu à partir de là.

On dit souvent que Esaü c’est Rome. Dans l’époque antique, on appelait les Romains Métro-Pauline, c’est-à-dire, Metropolis qui signifie la petite Pologne. Rome était donc celle qui vient de la Pologne. Le premier quartier général de Satan, duquel partira tous les malheurs de l’humanité, est la Pologne. Rome à l’époque, c’était le sénat , les cirques et la cruauté aussi. C’est dans cette atmosphère que s’est bâti la théologie chrétienne telle que nous la connaissons aujourd’hui, par un homme du nom de Paul (qui signifie en latin « petit ), citoyen Romain d’origine juive,  Aura t-il été un petit « ploni », instrument de l’Ennemi de l’Eglise authentique?  Libre à chacun d’ouvrir les yeux pour rechercher et trouver la vérité pure.

Si seulement les écrits des premiers partisans de Jésus avaient subsisté, nous n’aurions sans doute pas perdu aussi rapidement et radicalement la vision héritée de Jésus ; vision que Jacques, Pierre, Jean et l’ensemble des apôtres ont continué à défendre jusqu’à leur mort. Mais par un patient travail de recherches et de recoupements, il est possible de reconstituer ce qui a été le legs de la dynastie de Jésus de Nazareth. Ce sera l’objet de nos prochains articles. Bonne lecture et méditation !

 

Extraits de « La véritable histoire de Jésus :une enquête scientifique et historique sur l’homme et sa lignée. », James TAbor

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rymadayle

Je suis Myriame Hepthtsiba. J'ai une formation en sociolinguistique et en Anglais. J'ai une expérience de 25 ans dans l'enseignement de l'Anglais de spécialité, en particulier dans la formation des secrétaires bilingues. Le contact avec les autres, au cours de ma carrière professionnelle, m'a amené à m'intéresser à tout ce qui a trait aux sciences humaines pour comprendre les autres, afin de les aider au mieux de leurs capacités. Ma passion pour le développement personnel, ainsi que ma quête de spiritualité et le service dans des églises m'ont aussi permis de rassembler bien des outils. J’ai acquis de ce fait de l'expérience en matière de développement des compétences humaines et d'accompagnement de la personne, dans les moments clés de la vie. C'est cette expérience et ces trésors accumulés en moi que je viens ici partager avec vous.