REGIMES ET NEUROSCIENCE

La littérature scientifique conseille des régimes afin d’éviter d’être obèse ou en surpoids, pour guérir de certaines maladies tels que l’Alzheimer, le diabète, l’apnée du sommeil, hypertension, les maladies cardiovasculaires, les problèmes d’articulations.

On cherche souvent à perdre du poids pour des raisons médicales, mais aussi esthétiques, dans une société obsédée par la minceur. La minceur est considérée comme un signe de maîtrise et de prise de pouvoir de son corps. Mais comment s’y prendre pour maigrir, face au grand nombre de méthodes d’amincissement, souvent contradictoires, que nous proposent les nutritionnistes et les diététiciens ?

On le sait, tous les régimes font perdre du poids à court terme. Mais ce poids est souvent repris, et des fois au double, sur le long terme après le régime.
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), l’immense majorité des régimes pratiqués sans recommandation, ou non suivis par un professionnel de la santé, restent dangereux

PERDRE DU POIDS PAR LA NEUROSCIENCE

Le Chercheur Michel Desmurget, spécialisé en neurosciences cognitives à l’INSERM, a fait une découverte qui montre pourquoi les régimes font irrémédiablement grossir à long terme. Après avoir tenté lui-même de maigrir, car il faisait 130 kg pour 1,75m, il a perdu 50 kg, en appliquant les découvertes de ses recherches. Découvertes suite auxquelles il a écrit un livre, à la lumière des neurosciences cognitives.

Les résultats de ses recherches expliquent :

  • Pourquoi les régimes font irrémédiablement grossir à long terme.
  • Pourquoi notre cerveau met en place des mécanismes de défense face à un amaigrissement rapide et brutal.
  • Comment les neurosciences peuvent nous aider à perdre du poids durablement, en trompant notre cerveau.

Nous vivions aujourd’hui dans une société où tout va en mode « speedy gonzales », en mode zapping. Les gens veulent tout, tout de suite, et sans faire d’effort. Et ils osent même appliquer cette course effrénée d’avoir tout, tout de suite et rapidement à leur état de santé.

Aujourd’hui, le phénomène de mode pour maigrir poussent les gens à avoir tendance à vouloir maigrir vite, perdre un poids énorme en un temps très réduit. Heureusement que la nature n’est pas au gré de nos lubies.

Selon Michel Desmurget, grâce aux neurosciences, on peut perdre du poids et maigrir, san récupérer plus tard les kilos perdus, en faisant un anti régime. Cela peut paraître paradoxal, mais c’est la vérité . Comment est-ce possible ?

Les gens qui veulent vite maigrir font souvent des régimes très déséquilibrés, tels les régimes de  Duncan,  de J.M. Cohen où l’on se gavent de certains aliments et s’en privent d’autres.

Le constat qu’à fait Michel Desmurget suite à ses recherches, c’est que perdre du poids trop rapidement conduit inévitablement à la reprise de poids immédiate après le régime. Pourquoi ?

Les régimes qui agressent le corps ne marchent pas, à cause de notre cerveau. Celui-ci est programmé pour les combattre et pour faire en sorte qu’ils ne marchent pas. Le cerveau ne sait pas faire la différence entre un régime alimentaire et une famine.

Pour le cerveau, l’excès de graisse n’est pas une menace en soi pour le corps. Il n’a rien qui lui permet de savoir que les artères sont en train de se boucher, que le foie est en dysfonctionnement. Pour lui, ce n’est pas un problème.

La grande préoccupation du cerveau  et sa peur, c’est de détecter la famine dans le corps. Et il a été programmé depuis des milliers d’années d’évolution pour luter contre la famine dans le corps. Comme il ne fait pas la différence entre un régime et une famine, en conséquence il met en place une ligne de défense phénoménale pour lutter contre la famine. Il a une belle liste d’outils de défense et de rééquilibrage du corps , en cas de régimes draconiens qui brusquent ce corps.

Donc la seule façon de maigrir efficacement et de demeurer sur le long terme, c’ est de faire un régime sans s’en apercevoir. Un régime complètement inconscient, dont le cerveau lui-même ne s’apercevra pas.

UN MONDE DE CONSOMMATION EFFRENEE

il  y a 3 leviers ou instigateurs clandestins  dont il faut tenir compte dans un régime amaigrissant : Notre environnement ,  nos habitudes, ce qu’on mange et la façon dont on le cuisine.

En effet, nous sommes dans un environnement où il y beaucoup d’offres alimentaires. Au supermarché on nous propose des bonbons et toutes sortes de sucrerie aux caisses ; dans le magasin lui-même nous avons des rayons tout entiers de sucreries et de « bonnes » choses à manger. Autant de pièges pour nous faire céder à la tentation de manger ce dont nous voulons nous priver.

L’installation des produits dans les rayons est faite pour vous exposer à toutes sortes de tentations ! Sur le chemin pour aller prendre un produit dont vous avez besoin, vous verrez des choses que vous n’aviez pas prévu d’acheter et vous les acheter . Notre société de consommation est très tentante. Même au restaurant, on vous fait manger beaucoup de salé pour vous faire consommer encore plus de boissons, alcools, sodas, etc..

On veut nous faire manger ce que nous n’avons pas décidés de manger, juste par des procédés de suggestions inconscientes. On fait des publicités pour inciter les enfants à manger des aliments gras et sucrés, au lieu des aliments saints. Il faut savoir déjouer tous ces pièges et ce n’est toujours pas simple. Notre volonté doit alors entrer en jeu pour nous y aider.

LA VOLONTE DANS LE REGIME

il y a une chanson qui dit : « Comment devenir fin sans devenir fou. ? ».
La minceur est une injonction sociale très forte et on nous oblige à manger 3 fruits et légumes par jour, à faire 30 minutes d’exercice physique par jour, à éviter de manger trop gras et trop sucré. C’est une tyrannie de la silhouette. Tout cela devient une obsession qui frise la folie !

L’obsession repose sur un contrôle des pouvoirs de notre volonté. On pense qu’il faut faire preuve de bonne  volonté pour retrouver la ligne. Non ! Certains disent à d’autres : « Ah tu ne perds pas de poids parce que tu ne veux pas faire des efforts ; tu n’es pas assez déterminé à maigrir. Voilà pourquoi tu te laisses déborder par tes impulsions de manger ».

Le problème n’est pas parce qu’on n’a pas la volonté. C’est que notre volonté elle-même ne veut pas ! Donc il faut commencer par mettre aussi sa volonté au régime.

Paul Ricoeur a dit qu’il n’y a pas de volontaire sans involontaire. Aucune volonté n’est abstraite et séparée de nous. Les rythmes et la biologie même de notre corps nous échappent. On ne veut pas comme si on appuyait sur un bouton et hop tout va bien. Il faut apprendre à vouloir pour avoir la volonté, tout comme on apprend à marcher en marchant. Il faut faire émerger notre volonté en faisant un travail patient en nous pour prendre conscience de cette volonté. Car, décider de faire quelque chose, et passer vraiment à l’action n’est pas un processus linéaire. Donc on ne décide pas de faire un régime, mais plutôt consentir avec son corps à faire un régime.

Pour cela, chercher d’abord à comprendre comment fonctionne notre corps, au lieu de lui imposer des choses qui auront sur lui des répercussions que nous ne maîtrisons même pas.

Dans notre processus de décision pour faire un régime, il faut tenir compte de notre cerceau. Il a des mécanises qui contrôlent tout en nous. Et nous devons coopérer avec lui, car c’est lui qui régule tout nos équilibres hormonaux. Ces équilibres déterminent le rapport de notre corps à ce qu’il mange.

Il n’y a donc pas de régime miracle. Ce n’est pas forcement parce qu’on veut maigrir qu’on va maigrir ; pas parce que parce que nous voulons plus, mais parce que nous voulons mieux pour notre corps.

« Le miracle du régime, c’est d’étendre le volontaire en nous, non pas en voulant plus, mais en voulant mieux »(Thibault de Saint Maurice)

ECHECS AUX REGIMES

Souvent les gens culpabilisent quant le régime ne marche. Cela n’a pas à voir seulement avec leur volonté, mais aussi avec le cerveau.  Quand celui-ci met en place sa ligne de défense, il rentre en conflit avec leur volonté et les gens se sentent découragés des résultats obtenus après le régime.

On peut avoir toute la volonté qu’il faut pour se priver de manger ce qu’on aime bien parce qu’on veut maigrir. Mais dès que notre cerveau met son processus de défense du corps en place, la volonté perd la bataille. Et on culpabilise les gens en disant qu’ils n’ont pas de volonté pour respecter leurs régimes etc…

Selon les études de la neuroscience, les échecs au régime ne sont pas dus à la bonne ou mauvaise volonté des gens, mais plutôt dans la structure même des régimes qu’ils font.
Le corps a des radars .organiques que le cerveau voit et contrôle. Quand le régime est lent et que le corps n’est pas brusqué,  ça marche et on peut perdre du poids sans alerter le cerveau. Si l’on brusque le corps, le cerveau met tout en branle pour sécuriser le corps.

APPROCHE DE LA NEUROSCIENCE COGNITIVE

Selon la méthode de la neuroscience pour maigrir :

 

Leurrer le cerveau  en étendant le régime sur quelques mois d’efforts, pour installer progressivement de nouvelles habitudes alimentaires, sans brusquer le corps.

Recalculer ses besoins alimentaires. Manger ce dont le corps a besoin en tenant compte des valeurs en calories pour un régime équilibré.

Faire un suivi sur le long terme, de ceux qui font ce type de régime amaigrissement pour les encadrer.

STRATEGIES DU CERVEAU

Lorsqu’on commence un régime pour maigrir, le cerveau panique. Il voit que ses réserves de graisses vont commencer a baisser. Il met alors en place des mécanismes :

Le métabolisme de repos, à savoir tout ce qui régule nos fonctions vitales , tes que notre système cardiaque, respiratoire, température du corps, etc…) est perturbé.  Si vous mangez la même chose sur un certain temps, le cerveau va donc prendre les calories de ce que vous mangez et continuer son travail normal. Il va essayer de travailler avec le peu que vous mangez, et vous pousser à manger plus pour compenser le manque du corps.

L’hormone de satiété appelée leptine va diminuer, par exemple pendant un régime hypocalorique. Le cerveau va déséquilibrer votre système hormonal et faire en sorte que vous ayez constamment faim, pour compenser le manque à gagner après le régime.

Les capteurs d’étirement dans l’estomac qui nous renseignent quand nous somme rassasiés sont débranchés par le cerveau pendant un régime.
Au niveau cérébral, le système perceptif est réglé par le cerveau. Il dérègle donc ces capteurs et les rend très sensibles à la nourriture. Ce qui vous donne des envies et pulsions folles de consommation qui vous amène à manger des choses que vous voulez éviter. Donc les réseaux cérébraux qui doivent vous dire que tel ou tel aliment vous fera grossir ne sont plus fonctionnels.

En somme tout votre organisme est désorganisé, et le cerveau le réorganise pour compenser tous les manques causés par le régime. Voilà pourquoi les gens qui sortent des régimes, et parfois de longs jeûnes complets, deviennent comme une machine physiologique affamée. Leur seule préoccupation est de trouver de la nourriture. Il vont consommer plus de nourriture et moins d’énergie, d’où la reprise de poids.

Il y a une règle arithmétique à suivre en matière de perte de poids : Le bilan énergétique qui consiste à compter les calories que l’on consomme. Il faut faire la différence entre ce que nous allons manger et ce que nous allons dépenser. On dit souvent que toutes les calories ne s’équivalent pas. Le modèle calorique est un modèle comptable et il faut savoir équilibrer ce qu’on mange. Ce qui nous amène à parler des édulcorants.

LES ÉDULCORANTS

On a tendance à croire que les édulcorants sont mieux que le sucre pendant un régime, car il n’ont pas d’apports énergétiques, et ne sont pas assez caloriques. Les gens se fient aux calories sur les boissons soit disant « light » ou % de sucre, donc moins calorifiques.
En fait, les édulcorants font manger plus. En matière de prise de poids, ils agissent sur la faim et vous font manger plus.

Il n’est donc pas pertinent de remplacer les sucres par des édulcorants. Selon des études, ils sont mêmes inefficaces pour la glycémie des diabétiques, ou pour un régime sur le long terme. Ils ont juste un pouvoir sucrant et pas calorique. L’explication de l’utilisation des édulcorants est plutôt physiologique : c’est juste pour faire croire au cerveau qu’on consomme du sucre.

Mais le cerveau n’est pas bête lol ! L’hypothalamus est l’organe dans le cerveau qui contrôle notre appétit. Quand il comptabilise qu’il n’y a pas assez de calories en sucres , il nous le fait compenser, en nous poussant à manger du sucré à travers d’autres aliments. Il n’ y a vraiment pas intérêt à consommer des produits édulcorés ou des aliments light. Cela se révèle plutôt négatif que positif pour notre corps.

BIEN MANGER C’EST QUOI

Bien manger ne rime pas avec punition et privations. Le plaisir gustatif est aussi important dans le bien-manger. Bien manger implique la qualité et l’équilibre des aliments qu’on mange et le plaisir qu’on en tire.

L’équilibre c’est d’avoir tous les nutriments, vitamines, oligo-élements, acides gras, etc. qu’il faut dans ce que nous mangeons. Si le corps ne les trouve pas dans notre alimentation, il va nous pousser à manger plus qu’il ne faut pour les obtenir. D’où, avoir une alimentation assez large pour couvrir les besoins du corps.

Notre cerveau travaille avec des normes extérieures.  Des études qui ont été faites montre que la taille de la vaisselle dans laquelle nous mangeons joue aussi un rôle important dans notre alimentation. Dans une grande assiette, on a l’impression que la portion est petite et on aurait tendance à se servir plus, alors que dans une petite assiette, on a l’impression d’en avoir trop dans l’assiette. Le cerveau a ses normes de mesure et évalue la quantité de nourriture que nous mangeons selon le volume.

Les quantités de choses mangées à très petites doses peuvent nous faire grossir ou maigrir sur le long terme. On parle de produits allégés, pour gagner des calories. Mais ils n’ont forcément pas moins de calories, car il y a des produits allégés qui peuvent être riches en nutriments et en graisses, même s’ils ne sont pas caloriques.

Les gens pensent qu’il faut être brutal dans un régime pour perdre rapidement du poids. Malheureusement des études ont montré que la formation d’un bon nombre de nutritionnistes n’est pas optimal, et nombreux sont ceux d’entre eux qui ne conseillent pas bien.

Tout ce qui est brutal ne marche pas. Pour maigrir et ne pas reprendre du poids sur le long terme,  faire l’anti régime au quotidien, en trompant son cerveau;  et  est la meilleure formule. Et cela se fait par des petits gestes quotidiens. Notre manière de cuisiner, de manger en maîtrisant nos calories, la grandeur du récipient dans lequel nous mangeons, les paquets ou volumes de ce que nous achetons sont autant de choses qui peuvent nous aider.

Marcher reste la meilleure manière de bouger pour maigrir facilement. Chronométrer sa marche stimule davantage à marcher. L’effort brutal en sport ne marche pas pour maigrir. Car vous allez compenser l’énergie dépensée aussi brutalement que vous l’avez perdu en vous gavant de nourriture.

Empiler des petits changements dans vos habitudes alimentaires est le meilleur moyen pour maigrir et ne pas reprendre du poids.

Pour aller plus loin

Livre : Michel Desmurget, « L’anti régime au quotidien« , Ed. Belin

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rymadayle

Je suis Myriame Hepthtsiba. J'ai une formation en sociolinguistique et en Anglais. J'ai une expérience de 25 ans dans l'enseignement de l'Anglais de spécialité, en particulier dans la formation des secrétaires bilingues. Le contact avec les autres, au cours de ma carrière professionnelle, m'a amené à m'intéresser à tout ce qui a trait aux sciences humaines pour comprendre les autres, afin de les aider au mieux de leurs capacités. Ma passion pour le développement personnel, ainsi que ma quête de spiritualité et le service dans des églises m'ont aussi permis de rassembler bien des outils. J’ai acquis de ce fait de l'expérience en matière de développement des compétences humaines et d'accompagnement de la personne, dans les moments clés de la vie. C'est cette expérience et ces trésors accumulés en moi que je viens ici partager avec vous.